Biographie

Emma Onekekou est autrice, poète et artiste militante d’origine ivoirienne, basée en France.

Son travail traverse la fiction littéraire, la poésie engagée, le cinéma et la photographie, avec pour fil conducteur les identités africaines et diasporiques, le féminisme postcolonial et les droits des femmes et des personnes queer en Afrique de l’Ouest.

Elle publie À celles qui s’aiment I en 2019, puis À celles qui s’aiment II en 2023, co-écrit avec Miss Lylie. En octobre 2025, elle contribue au recueil de nouvelles Par tous les moyens avec « L’Éteinte », un texte sur les réalités des maternités lesbiennes en Afrique de l’Ouest.

En juin 2024, elle écrit et co-réalise Inbri, un court métrage produit par le collectif Les Sans Noms, qui raconte l’histoire d’une jeune femme lesbienne soumise à une thérapie de conversion après son coming out.

Engagée dans les mouvements féministes et queer ouest-africains, elle poursuit un travail d’écriture et de prise de parole en ligne, sur les réseaux sociaux, où elle documente et interroge les réalités queer du continent.

Sang pour sang est son premier projet de photographie performative.

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Démarche artistique

Je travaille à partir de ce qu’on nous apprend à taire.

Mon écriture, mes images et mes films partent d’un même endroit : les corps et les vies qui n’ont pas droit de cité. Les lesbiennes d’Afrique de l’Ouest, les mères qu’on ne reconnaît pas, les femmes dont le sang dérange. Je ne cherche pas à expliquer ces existences à ceux qui les nient — je cherche à leur donner une langue, une image, une place.

Mon travail est traversé par la question du sacré et de ce qu’on en fait : qui a le droit d’être pur, qui est condamné à l’impureté, et selon quelles règles. C’est une question politique autant que spirituelle.

Je crois qu’il faut démanteler les systèmes qui nous oppressent. Mais je crois aussi qu’il faut regarder ce qui se joue à l’intérieur de nos propres mouvements — les dynamiques qui ralentissent la lutte, reproduisent la violence, creusent les inégalités, et finissent par devenir un autre bras du capitalisme. Cette lucidité-là fait partie du travail.

Je suis queer. Et je crois que la première voix qui peut me libérer, c’est la mienne. Elle doit être assez forte pour que les autres l’entendent. Je n’attends personne pour se battre à ma place.

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